Milieu de travail

La CSMC est fière d’être un leader mondial dans ce domaine pour avoir publié la Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail.

70 % des travailleurs et des travailleuses canadiens ont des préoccupations liées à la santé et à la sécurité psychologiques dans leur lieu de travail;

14 % pensent que leur lieu de travail n’est ni sain, ni sécuritaire;

30 % des demandes de prestations d’invalidité de courte durée et de longue durée au Canada sont attribuées à des problèmes de santé mentale et à des maladies mentales;

Sur le coût économique de 51 milliards de dollars attribué à la maladie mentale chaque année au Canada, les pertes dans les milieux de travail représentent 20 milliards.

Face à ces statistiques, il est impératif d’accorder plus d’attention à la santé et à la sécurité psychologiques en milieu de travail.

Contexte

Le milieu de travail joue un rôle essentiel dans le maintien d’une bonne santé mentale. Pourtant, c’est aussi un environnement stressant qui peut contribuer à la montée des problèmes de santé mentale et des maladies mentales.

Comme la plupart des adultes passent la plus grande partie de leurs journées au travail et que de nombreux jeunes travaillent à temps partiel, le fait de s’attaquer aux enjeux de la santé mentale au travail est d’une importance vitale pour toute la population du Canada.

Parmi les travailleurs et les travailleuses canadiens, 70 % ont des préoccupations liées à la santé et à la sécurité psychologiques dans leur lieu de travail et 14 % pensent que leur lieu de travail n’est ni sain, ni sécuritaire. De tels lieux de travail peuvent avoir de lourdes conséquences pour les personnes, en plus d’entraîner des coûts économiques astronomiques. Environ 30 % des demandes de prestations d’invalidité de courte durée et de longue durée au Canada sont attribuées à des problèmes de santé mentale et à des maladies mentales. Sur le coût économique de 51 milliards de dollars attribué à la maladie mentale chaque année au Canada, les pertes dans les milieux de travail représentent 20 milliards.

Aucun lieu de travail n’est à l’abri de tels risques et nous n’avons pas les moyens de limiter notre définition de la santé et de la sécurité au travail à la seule dimension physique. La santé mentale est tout aussi importante et il ne faut pas la négliger.

Apporter une solution à la question de la santé mentale dans le milieu de travail

La CSMC a produit la première Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail au Canada. La Norme, qui est d’application volontaire, propose une série de lignes directrices, d’outils et de ressources ainsi qu’un cadre de référence pour aider les organisations à faire la promotion de la santé mentale et à prévenir les préjudices psychologiques dans le milieu de travail. Lancée en 2013 en partenariat avec l’Association canadienne de normalisation et le Bureau de normalisation du Québec, elle a été téléchargée plus de 31 000 fois.

Depuis sa publication, la sensibilisation aux questions de la santé mentale dans le milieu de travail et à la Norme a énormément augmenté, ce qui a accéléré le rythme des changements dans les milieux de travail de partout au Canada. Par exemple, un sondage auprès de 805 personnes qui avaient téléchargé la Norme révèle que 30 % sont déterminées à la mettre en œuvre et ont déjà pris des mesures en ce sens et que 22 % commencent à dresser des plans pour sa mise en œuvre; de plus, en décembre 2015, le gouvernement du Canada a annoncé son intention de mettre la Norme en œuvre dans les milieux de travail fédéraux d’un bout à l’autre du pays.

Projet de recherche sous forme d’étude de cas

En 2014, la CSMC a lancé un projet de recherche sous forme d’étude de cas afin de mieux comprendre comment les organisations du Canada appliquent la Norme nationale pour la santé psychologique et la sécurité en milieu de travail.

En tout, 41 organisations participent au projet-pilote, qui est financé conjointement grâce à un partenariat public-privé entre la CSMC, Emploi et Développement social Canada, Lundbeck Canada et le Centre pour la santé mentale en milieu de travail de la Great-West.

Une équipe de recherche du Centre for Applied Research in Mental Health and Addiction de l’Université Simon Fraser mesure les progrès et les conséquences de la mise en œuvre de la Norme et rend compte de ses constatations. L’équipe de recherche est guidée par un panel d’experts qui l’aide à répondre aux questions et aux préoccupations des employeurs participants.

À la réunion annuelle de 2015 du Projet de recherche sous forme d’études de cas qui a eu lieu à Halifax, des participants de premier plan ont eu l’occasion de faire du réseautage, d’apprendre et de partager leurs expériences. Plus de 70 personnes représentant les employeurs participant au projet, chercheurs, membres du panel d’experts et membres du Comité directeur étaient présents.

L’un des objectifs clés du Projet de recherche sous forme d’études de cas est de convaincre les employeurs de mettre en œuvre la Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail. Les employeurs participants ont ouvert la voie en partageant leur expérience avec d’autres employeurs.

À mi‑parcours, les conclusions intérimaires convaincantes du Projet de recherche sous forme d’études de cas ont été rendues publiques à la Conférence Better Workplace qui a eu lieu à Gatineau, au Québec. Les conclusions intérimaires générales démontrent des résultats prometteurs :

  • Les employeurs participants ont mis en place 65 % des éléments prévus dans la Norme;
  • 80 % des employeurs ont revu/mis à jour leurs politiques pour y intégrer la santé et la sécurité psychologiques dans le milieu de travail;
  • 100 % des participants ont constaté qu’ils avaient déjà des mesures en place qui concernaient la santé mentale dans le milieu de travail.
PRINCIPALE  CONSTATATION : On avait pensé au début que le désir d’éviter des obligations juridiques et de gérer les coûts allait être la principale motivation pour mettre la Norme en œuvre. Toutefois, la raison la plus fréquemment citée est la protection de la santé et de la sécurité des employés.

Le Toronto East General Hospital (TEGH) est un hôpital communautaire universitaire qui détient des lits pour les soins actifs, la réadaptation, les soins continus complexes ainsi que la santé mentale. L’hôpital compte 2 500 employés et fournisseurs de soins dont certains sont syndiqués et d’autres pas, 413 médecins et sages-femmes et plus de 500 adultes et étudiants bénévoles.Le TEGH a fait de la mise en œuvre de la Norme une priorité stratégique afin d’appuyer son personnel. L’objectif est d’accroître la mobilisation du personnel, ce qui devrait, selon les responsables, améliorer les soins aux patients. En outre, le TEGH croit qu’il s’agit de la bonne chose à faire.

Les taux de mobilisation globale du personnel du TEGH se sont nettement améliorés et font de l’hôpital le meneur des hôpitaux communautaires dans neuf des onze catégories de mobilisation. L’organisation a constaté une baisse de 7 % des coûts généraux de soins de santé depuis quatre ans et une diminution du nombre de jours d’absence (10,66 en 2008 contre 6,55 en 2014). Les responsables estiment que l’amélioration des taux de mobilisation du personnel a grandement contribué à l’amélioration de la satisfaction des patients et des paramètres de la qualité en général.

Une solution à large spectre : La Norme a montré que les gros employeurs ont généralement des ressources internes, une infrastructure et des données clés pour appuyer des initiatives de santé et de sécurité psychologiques. Les plus petits employeurs, quant à eux, compensent leur absence de moyens en comprenant mieux leur effectif et en étant en mesure de réagir plus rapidement à des problèmes particuliers.

Conférence des entreprises sociales

La CSMC a été l’hôte d’un Forum des entreprises sociales à Ottawa le 25 novembre qui a réuni des organismes et des entrepreneurs travaillant à promouvoir l’emploi de personnes ayant un vécu expérientiel de la maladie mentale.

Le Forum, le premier du genre au Canada, a mieux fait connaître le rôle important des entreprises sociales dans les collectivités plus générales et a mis en lumière certains des défis qu’elles doivent relever, en plus de donner aux participants l’occasion d’explorer et de mettre en commun des pratiques exemplaires.

« C’était tellement excitant de me familiariser avec les entreprises sociales dans leur rôle d’intervenants majeurs du rétablissement des personnes. » – Mandi Buckner, psychologue du milieu de travail et conseillère en santé et en sécurité, Collège Sheridan.

Évaluations après la conférence Réponses
Le Forum a répondu à mes attentes Le programme était bien organisé. Les sujets étaient pertinents. J’ai appris de nouvelles pratiques/acquis de nouveaux outils
62 % étaient fortement d’accord 68 % étaient fortement d’accord 49 % étaient fortement d’accord 92 % ont répondu oui
Le Forum a répondu à mes attentes Le programme était bien organisé. Les sujets étaient pertinents. J’ai appris de nouvelles pratiques/acquis de nouveaux outils

« Je suis vraiment heureux de constater que la conversation sur les avantages du travail pour les personnes qui souffrent de l’isolement progresse. J’ai été surpris de voir qu’un si grand nombre d’organisations travaillent toutes dans le même but.» – Ryan O’Neil Knight, fondateur de Detailing Knights (une entreprise sociale écologique qui œuvre en vue de faire travailler les personnes ayant un trouble mental).

Faire progresser la Norme dans le secteur des soins de santé

Inspirés par le succès de la série de tables rondes organisées par la CSMC avec SoinsSantéCAN, cette dernière a établi la première communauté de pratique nationale, appelée By Health For Health Collaborative (Collectif de la santé pour la santé), dans le but d’accélérer l’adoption généralisée de la Norme.

En partenariat avec Santé publique Ottawa, la CSMC est en train d’élaborer un cours d’orientation qui revêt la forme d’un outil de cyber‑apprentissage pour promouvoir la santé psychologique dans le milieu de travail. Comme le Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail qui informe les employés des dangers physiques dans le milieu de travail, ces composantes interactives accompagnées de vidéos explicatives présentent 13 facteurs psychologiques pertinents.

Collaboration avec le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies

La CSMC élargit son travail sur la santé mentale dans le milieu de travail pour y inclure l’usage et l’abus de substances et elle collabore avec le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies pour produire un guide à l’intention des employeurs.

Des études ont montré le lien entre l’usage et l’abus des substances et de nombreuses conséquences graves dans le milieu de travail, notamment les suivantes :

  • Absentéisme
  • Perte de productivité
  • Nombre accru d’accidents et de blessures au travail
  • Exposition accrue à des obligations juridiques
  • Nombre accru de congés de maladie et de demandes de prestations de santé
  • Nombre accru d’incidents de violence et de harcèlement au travail

Mais en dépit de ces constatations, l’usage et l’abus de substances sont souvent mal compris et mal gérés. De plus, les employeurs signalent qu’ils ont besoin d’outils et de ressources sur la façon de commencer à gérer efficacement ce défi dans le contexte de la sécurité au travail.

Pour donner suite à ces études initiales, Le Conference Board du Canada, le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies et la CSMC de la santé mentale du Canada ainsi que d’autres partenaires et intervenants ont organisé une table ronde en janvier 2016 qui comprenait des employeurs, des syndicats et des universitaires.

La CSMC travaille en collaboration pour produire un guide à l’intention des employeurs qui comprendra un éventail d’outils, des listes de contrôle et des ressources provenant de la table ronde des intervenants et d’une recension de la littérature sur les pratiques exemplaires. Le guide sera testé et validé auprès de divers employeurs.

Les trois organismes ont convenu de lancer des activités d’échange des connaissances lorsque le guide sera prêt, et ce, pour assurer son adoption partout au Canada.

Dans la foulée du travail amorcé en 2014 avec la publication d’un document produit conjointement, Collaboration pour les soins en toxicomanie et en santé mentale : Meilleurs conseils, nous consultons divers leaders communautaires et décideurs dans l’intention de mettre à jour le document en désignant des pratiques exemplaires et des pratiques prometteuses essentielles à la collaboration entre les soins en toxicomanie et en santé mentale.

Premiers intervenants

Parmi les nouveaux projets les plus enthousiasmants de la CSMC, on compte une série d’ateliers pour renforcer la capacité des organismes de premiers intervenants de protéger et de favoriser la santé mentale et le bien‑être mental dans le milieu de travail. Un atelier intitulé Mental Health for First Responders Workshop: Protecting Those Who Help Others est donné dans différentes régions du pays en partenariat avec des organismes de premiers intervenants. Les participants :

  • apprennent à présenter des arguments en faveur de la santé et de la sécurité psychologiques;
  • se familiarisent avec les outils, les ressources et la formation à leur disposition;
  • apprennent à évaluer les besoins de l’organisme et les occasions à saisir;
  • apprennent des mesures concrète à appliquer;
  • font du réseautage pour partager de nouvelles approches, des éléments de connaissances et des occasions.

Le premier atelier a été organisé à Vaughan, en Ontario, en partenariat avec le Fonds de commémoration Tema Conter. Les 32 participants représentaient un éventail de disciplines des premiers intervenants ainsi que le personnel chargé des communications sur la sécurité publique et des professionnels du domaine de la santé mentale. Des discussions fructueuses ont eu lieu et des connaissances ont été partagées entre les secteurs de compétence.

Profil des participants à l’atelier

piechartfr

Un compte rendu sommaire de l’atelier fait état des besoins à combler et des occasions à saisir et donne une liste étoffée de ressources.