Autres initiatives fondamentales

La CSMC est un chef de file au Canada et dans le monde de l’organisation de discussions et de l’élaboration de politiques visant à améliorer la vie des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou des maladies mentales.

Elle est fière de son notre travail, qu’elle pourra maintenant continuer jusqu’en 2027, car le gouvernement du Canada a prolongé sa mandat. Elle sera heureuse de poursuivre son travail auprès de tous les gouvernements et d’intervenants de l’extérieur du gouvernement, conformément à son mandat.

La cybersanté mentale

Devant les besoins en matière de services et de ressources en santé mentale qui vont croissant au Canada, certains des défis à relever consistent à améliorer l’accès aux services et à gérer les coûts substantiels que cela représente. La cybersanté mentale aiderait peut‑être à combler ces lacunes selon un bon rapport coût‑efficacité.

Bien qu’on ait de plus en plus souvent recours à la technologie au Canada pour gérer, détecter, dépister ou traiter des maladies, l’utilisation de la technologie est peu courante dans le domaine de la santé mentale. La cybersanté mentale passe par Internet et des technologies connexes pour dispenser ou améliorer les services et l’information en matière de santé mentale, tout en favorisant et en rehaussant les soins tels qu’ils sont offerts actuellement. Dans certains cas, pour certaines maladies, les services de cybersanté mentale se révèlent tout aussi efficaces que les services qui sont prodigués en personne. Au Canada, on a déjà recours à la technologie pour le dépistage et le traitement en ligne de problèmes comportementaux.

Il existe de nombreux exemples illustrant comment la cybersanté mentale peut permettre d’offrir des services sur mesure à telle ou telle personne, dans tous les fuseaux horaires, dans les régions rurales et les endroits éloignés, en fonction de sa langue et de considérations liées à sa culture, ainsi que de ses habitudes personnelles et de ses traits génétiques. Selon des ouvrages publiés sur la question, les consommateurs souhaiteraient avoir un accès élargi à des renseignements concernant leur santé, voire même en prendre le contrôle. Ce genre d’information au sujet de leur santé et de leurs soins peut les aider à se sentir mieux informés et mieux en mesure de formuler leurs besoins.

Dans les régions rurales ou éloignées, et parfois dans certains quartiers urbains défavorisés, le délai peut être beaucoup trop long entre le moment où les symptômes apparaissent et le moment où un professionnel de la santé peut intervenir. La cybersanté mentale peut raccourcir ces délais en permettant aux professionnels de la santé de communiquer avec les usagers, de les renseigner et de leur offrir des services de soutien en ligne en fonction de l’endroit, du moment et du dispositif. Elle peut aussi contribuer à renforcer l’efficacité des travailleurs de la santé.

La CSMC, en collaboration avec des experts et des intervenants, a produit un document d’information intitulé La cybersanté mentale au Canada – Transformer le système de santé mentale grâce à la technologie. Ce document donne une définition exhaustive des technologies et de leur portée, en présente certains point forts, met en lumière des programmes et des services efficaces au Canada et dans d’autres pays et présente des recommandations pour orienter les utilisations actuelles et futures de la cybersanté mentale.

Le soutien ciblé ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre de services de cybersanté mentale au Canada pourraient être une étape importante dans la transformation et l’amélioration du système de santé mentale. Le moment est propice pour investir dans la cybersanté mentale, car près de huit Canadiens ou Canadiennes sur dix utilisent Internet pratiquement tous les jours.

Les Premières Nations, les Inuits et les Métis

icon-first-nationLa Stratégie en matière de santé mentale pour le Canada (la Stratégie) fait valoir qu’un vaste éventail de lois et de politiques visant l’assimilation a donné lieu à des taux élevés de problèmes de santé mentale, d’addictions et de suicide chez les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis (PN‑I‑M). La Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) a qualifié de génocide culturel ces tentatives d’assimilation. Il se peut que les nations et les communautés des PN‑I‑M aient éventuellement des défis communs à relever, mais les importantes différences qui se retrouvent dans leur culture et leur histoire doivent être respectées et leurs droits distincts être établis au moyen de traités, de lois, d’ententes sur l’autonomie gouvernementale et d’autres moyens.

La CSMC s’est engagée dans un processus d’apprentissage et de réconciliation. Pour la CVR, une réconciliation significative passe par des relations respectueuses. À la suite d’une réunion entre les dirigeants de la CSMC et le commissaire en chef de la CVR, Son Honneur le juge Murray Sinclair, la CSMC est en train de rédiger sa réponse aux appels à l’action de la CVR, d’évaluer les processus actuels de mobilisation et de bâtir des relations respectueuses de nation à nation avec les PN‑I‑M. De solides relations reposant sur la confiance et le respect mutuel entre la CSMC et les gouvernements, les organisations, les professionnels, les chercheurs et les communautés des PN‑I‑M renforceront la capacité de la CSMC d’agir en tant qu’alliée pour soutenir les efforts continus déployés par les familles et les communautés des PN‑I‑M afin de cicatriser les effets intergénérationnels de la colonisation, de combler les lacunes en matière de services, de mettre en commun nos connaissances sur les approches du bien‑être mental, d’accroître les capacités des communautés et de renforcer les relations de collaboration.

En partenariat avec des organisations des Premières Nations et des organisations inuites, la CSMC a pris l’initiative de produire des versions de Premiers soins en santé mentale, adaptées aux besoins particuliers et aux cultures uniques des communautés des Premières Nations et des Inuits. De plus, la CSMC a travaillé en étroite collaboration à l’élaboration de la Stratégie nationale de prévention du suicide chez les Inuits d’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK).

La CSMC reconnaît que les Métis n’ont pas encore amorcé de processus de réconciliation, mais elle est déterminée à travailler en partenariat avec le Ralliement national des Métis à mesure que le processus se déroulera.

Premiers soins en santé mentale (PSSM)

Par « premiers soins en santé mentale », on entend l’aide apportée aux personnes qui commencent à manifester un problème de santé mentale ou qui traversent une crise psychologique. Tout comme les premiers soins apportés en cas de blessures physiques, les premiers soins en santé mentale sont prodigués jusqu’à ce qu’un traitement approprié soit trouvé ou jusqu’à ce que la crise se résorbe.

Le programme Premiers soins en santé mentale Canada vise à améliorer les connaissances en santé mentale et à donner aux personnes qui suivent cette formation les compétences et les connaissances nécessaires pour mieux gérer des problèmes de santé mentale qui pourraient se présenter ou qui commencent à se manifester chez elles ou chez un membre de leur famille, un ami ou un collègue.

À qui s’adressent les cours de PSSM ? – À tout le monde

Tout le monde peut profiter de cours de PSSM et à la fin de l’année, environ 180 000 personnes avaient suivi une formation dispensée par PSSM Canada. De la santé et la sécurité psychologiques dans le milieu de travail jusqu’aux habitants du Nord canadien en passant par les écoles et les groupes communautaires, les PSSM ont eu un impact vaste et durable sur les Canadiens et les Canadiennes d’un océan à l’autre.

Voici des exemples de groupes qui ont suivi des cours de PSSM :

  • des familles touchées par des problèmes de santé mentale;
  • des enseignants, des conseillers et des administrations d’écoles secondaires et d’établissements postsecondaires;
  • des pourvoyeurs de soins de santé;
  • des entreprises;
  • des travailleurs des services d’urgence, y compris les services d’incendie, les services d’ambulance et les services policiers;
  • des travailleurs des premières lignes qui sont en contact avec le public;
  • des bénévoles;
  • des professionnels des ressources humaines;
  • des employeurs et des gestionnaires;
  • des groupes communautaires comme les nouveaux immigrants, les défenseurs des droits des itinérants et les services de soutien aux personnes ayant une invalidité chronique.

Les cours de PSSM ont également été adaptés pour tenir compte des besoins particuliers dans des situations uniques. Jusqu’à maintenant, PSSM Canada a travaillé avec des intervenants pour créer des versions adaptées des PSSM pour les groupes suivants :

  • les Premières Nations;
  • les Inuits;
  • les habitants de régions du Nord et de régions éloignées;
  • les aînés;
  • les anciens combattants;
  • les jeunes.

Le rayonnement

icon-outreachLa contribution et la sensibilisation, au Canada ou à l’étranger, sont des éléments importants du mandat de la CSMC qui consiste à agir à titre de catalyseur de l’amélioration du système de santé mentale et de la transformation des attitudes et des comportements des Canadiens et des Canadiennes au sujet des enjeux de la santé mentale. Par l’entremise de son programme de rayonnement et de consultation, la CSMC réunit des leaders influents et des organismes de partout au Canada en vue d’accélérer ces changements.

Au cours de l’année écoulée, nous avons poursuivi et même élargi notre collaboration dans le vaste éventail des activités que nous menons. Au Canada, nous avons travaillé avec :

  • tous les secteurs de la collectivité des premiers répondants, policiers, pompiers, ambulanciers paramédicaux et d’autres, pour réduire la stigmatisation et accroître la résilience;
  • les membres et les dirigeants des communautés des Premières Nations et des communautés inuits et métisses en matière de prévention du suicide et de détermination des problèmes de santé mentale et des maladies mentales;
  • les jeunes de partout au pays pour réduire la stigmatisation, les aider à bâtir leurs vies et à gérer la difficile transition vers l’âge adulte;
  • les parlementaires au fédéral et au niveau provincial et territorial, pour les mobiliser et les faire participer à notre mission;
  • les dirigeants d’entreprises et le mouvement syndical, pour contribuer à créer des milieux de travail plus sains, plus compréhensifs.

La communication de notre message par les médias d’information traditionnels figure depuis longtemps dans nos efforts de rayonnement et d’éducation. Au cours de l’année écoulée, nous avons renforcé cet aspect de notre travail, mais nous avons aussi accéléré nos efforts dans le numérique et nous avons mis l’accent sur les médias sociaux pour rejoindre des auditoires qui ne comptent plus sur les canaux de communication traditionnels. Nous avons ainsi donné une plus grande visibilité à la CSMC, mais surtout, la sensibilisation aux maladies mentales et aux problèmes de santé mentale ainsi qu’aux soutiens et aux solutions s’est accrue de façon marquée.

À l’échelle internationale, la CSMC a continué de faire preuve de leadership sur divers fronts. Cette mobilisation internationale nous permet d’améliorer les échanges de pratiques exemplaires, l’apprentissage qui prend la forme de conversation avec des experts internationaux, la crédibilité professionnelle des Canadiens et des Canadiennes, tout en suscitant de l’enthousiasme et en augmentant notre vitesse de croisière au Canada.

La promotion de la santé et de la sécurité psychologiques dans les milieux de travail en est un exemple : nous avons exporté et promu les principes et les pratiques de la Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail.

En route vers la préparation mentale (RVPM) a été en vedette récemment à une conférence nationale sur la santé mentale des premiers répondants à Sydney, en Australie, à laquelle ont assisté plus de 250 dirigeants d’organisations de premiers répondants de partout au pays.

Le symposium, qui avait été organisé par beyondblue, l’une des plus grandes organisations de santé mentale en Australie, réunissait des commissaires de police, des chefs de services d’incendie et des dirigeants de services paramédicaux des différents États australiens.

En Amérique du Nord, l’intérêt que suscitent RVPM et L’esprit au travail continue d’augmenter. Des délégués de l’État de la Géorgie vont venir au Canada pour observer une séance de formation des formateurs de RVPM au Collège de police de l’Ontario. De plus, après un récent exposé de la CSMC au sujet de l’Esprit au travail, l’organisation des patrouilles routières de la Californie (California Highway Patrol ou CHP) songe à mettre le programme à la disposition de ses 11 000 employés.

La CSMC a également travaillé avec l’Organisation internationale de la santé à l’adaptation du programme de mobilisation communautaire #308Conversations pour la prévention du suicide qui s’est révélé efficace. Cette version adaptée est en train d’être rehaussée à l’intention des pays en développement, où l’engagement communautaire viendra peut‑être d’autres sources que les parlementaires élus.

En septembre 2015, la CSMC a été l’hôte de la conférence de l’Initiative internationale sur le leadership en matière de santé mentale, qui a réuni à Vancouver quelque 300 experts de partout dans le monde; les participants ont eu l’occasion d’échanger des idées et des pratiques exemplaires, mais aussi d’entendre la CSMC leur parler des progrès énormes qui se font au Canada.

  • En novembre 2015, la Commission a réuni 200 délégués et invités spéciaux qui ont participé à la Conférence consensuelle sur la santé mentale des adultes émergents : Faire de la transition une priorité au Canada. Les participants à cette conférence ont exploré en profondeur les facteurs qui se répercutent sur la santé mentale des adultes émergents ainsi que les façons dont les systèmes de santé et les systèmes de services sociaux peuvent collaborer pour mieux soutenir le bien-être mental global.
  • À la fin novembre 2015, la CSMC a été l’hôte du premier Forum des entreprises sociales au Canada, qui a mieux fait connaître le rôle important des entreprises sociales dans les collectivités plus générales. Cet événement rassemblait des organisations et des entrepreneurs qui travaillent à promouvoir l’embauche de personnes ayant connu des maladies ou des problèmes associés à la santé mentale.
  • À l’international, la Commission a continué de faire preuve de leadership sur divers fronts. Cette mobilisation internationale nous permet d’améliorer les échanges de pratiques exemplaires, l’apprentissage qui prend la forme de conversation avec des experts internationaux, la crédibilité professionnelle des gens qui vivent et travaillent au Canada, tout en suscitant de l’enthousiasme et en augmentant l’élan au Canada.
  • La CSMC a également travaillé avec l’Organisation internationale de la santé à l’adaptation du programme de mobilisation communautaire #308Conversations. Cette version adaptée est en train d’être améliorée à l’intention des pays en développement, où l’engagement communautaire viendra peut-être d’autres sources que les parlementaires élus.

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Prévention du suicide

icon-suicide-preventionLa CSMC appuie l’élaboration de plusieurs nouveaux programmes de formation en prévention du suicide qui ciblent les besoins des services policiers et des omnipraticiens ainsi que du grand public.

La CSMC fournit du soutien financier pour l’élaboration des modules, la traduction, la promotion et l’utilisation. La version en anglais des modules sera lancée au début de l’été et la version en français suivra à l’automne.

La formation en prévention du suicide destinée aux services de police sera offerte partout au Canada au moyen d’un module d’apprentissage en ligne. Le but est de renforcer la capacité des policiers d’évaluer, d’intervenir et de faire un suivi auprès de leurs pairs et d’autres premiers répondants. Les thèmes abordés seront la sensibilisation au suicide, l’évaluation des risques, la prévention du suicide et le rôle des superviseurs lorsqu’il s’agit de soutenir le personnel.

La CSMC appuie le Réseau canadien du savoir policier (RCSP) et ses partenaires, la Police régionale de York et la Fondation Motorola Solutions, en leur donnant des conseils sur le contenu, en passant en revue le matériel de formation et en participant à la mobilisation d’experts de l’extérieur (y compris le Fonds de commémoration Tema Conter, l’Association canadienne pour la prévention du suicide et la Société pour les troubles de l’humeur du Canada).

« Dans une culture qui privilégie l’invulnérabilité par‑dessus tous, demander de l’aide ou même admettre que vous avez besoin d’aide est souvent considéré comme un signe de faiblesse. Alors que c’est ce qu’on peut faire de plus brave. » – Sgt. Beth Milliard, Unité de soutien par les pairs, Police régionale de York

Projet pilote national de prévention du suicide

Pour tenter de réduire l’impact du suicide au Canada, la CSMC a mis sur pied un projet pilote national de prévention du suicide « fait au Canada ». L’initiative s’inspire de programmes québécois et étrangers éprouvés qui ont déjà permis de réduire les taux de suicide dans des proportions importantes, jusqu’à 20 % sur deux ans.

Ce projet de recherche-démonstration table sur l’expertise de la communauté pour mettre en œuvre et tester des interventions éprouvées de prévention du suicide dans 13 collectivités de partout au Canada.

Les buts du projet sont de constituer une base d’éléments probants, y compris des pratiques exemplaires et des lignes directrices et des outils à l’appui d’activités de prévention du suicide partout au Canada. Ce projet quinquennal devrait coûter 40 millions de dollars.

Nous allons nous inspirer largement des pratiques exemplaires en prévention du suicide qui existent partout dans le monde et chez nous. Y participeront également des experts canadiens et des leaders de toutes les régions du pays ainsi que des communautés des Premières Nations et des communautés inuites et métisses. On constate un vaste soutien des intervenants pour une initiative canadienne de prévention du suicide dans les collectivités de ce genre, qui soutiendra également le Cadre fédéral pour la prévention du suicide.

Les 13 communautés seront sélectionnées en fonction des présentations qu’elles soumettront à partir de critères annoncés, notamment la taille de la population, la région géographique et les groupes très vulnérables comme les suivants :

  • les Premières Nations, les Inuits et les Métis;
  • les premiers répondants, les militaires et les anciens militaires;
  • les personnes incarcérées;
  • les hommes d’âge moyen.